L’hygiénisme moderne

Historique

L’hygiénisme prend ses sources chez la déesse Hygie, fille d’Esculape. Alors que celui-ci était le dieu de la médecine, Hygie était la déesse de la santé. L’hygiénisme sera à la fois une science et un art de la santé. Son objectif est donc de préserver et de restaurer la santé en utilisant les facteurs vitaux : air, eau, soleil, aliment, activité, repos, sommeil, etc.

Le mouvement hygiéniste s’est principalement constitué aux Etats-Unis dans la première moitié du XIXe siècle. A partir de 1820, les principes fondamentaux de l’hygiène vitale furent énoncés par les pionniers : les Docteurs Isaac JENNINGS, Sylvester GRAHAM, Russel TRALL, Georges H. TAYLOR. Cette époque fut très féconde pour le développement de l’hygiénisme. Par la suite, de nombreux théoriciens et praticiens contribuèrent à propager les idées hygiénistes. Parmi ceux-ci, le Docteur TILDEN auteur de « Toxémie et désintoxication », eut une grande influence sur le mouvement hygiéniste. Parmi les hygiénistes du XXe siècle, Herbert M. SHELTON occupe sans conteste une place prépondérante pour l’enseignement de l’hygiénisme en langue anglaise. C’est par la diffusion de ses ouvrages en Français que l’hygiénisme s’est propagé en France, puis par de nouvelles traductions en Italie, en Espagne, en Allemagne, bien que ces mouvements soient généralement indépendants. Les promoteurs de l’hygiénisme moderne sont peu nombreux. En France c’est la position que soutient Désiré MERIEN avec la publication de plusieurs ouvrages et la création d’un Centre d’application des pratiques hygiénistes

Objet

Le mode de vie hygiéniste consiste à rechercher le meilleur état de santé en étant responsable de sa promotion. Les moyens mis en œuvre sont naturels. L’hygiénisme moderne s’adresse à toute personne pour construire une bonne santé. En cela il procède par une éducation préventive. Mais lorsque le terrain est perturbé, il propose les mêmes pratiques naturelles pour recouvrer la santé et notamment une détoxination cellulaire permanente et maximale. Il s’agit de promouvoir la meilleure hygiène de vie.

Etat de la vitalité

Le premier contact avec l’hygiénisme consistera à déterminer l’état de la vitalité. Pour cela il s’agira moins de connaître les ennuis de santé, mais plutôt d’estimer la qualité des actes nécessaires à une bonne hygiène de vie : l’alimentation, l’activité physique, la respiration, le sommeil, la relaxation, le repos, la pensée positive, etc. L’hygiéniste est d’abord un enseignant en biologie, tendant à responsabiliser chaque étudiant dans sa quête d’un état maximal de santé.

Les bases de l’hygiénisme

Parmi les actes nécessaires à la santé maximale se situe une pratique de l’alimentation spécifique à l’homme. Il s’agit de celle des primates auxquels appartient l’homme : le fruito-végétarisme. Ainsi l’alimentation comportera de nombreux fruits sucrés et azotés, ainsi qu’une base importante de végétaux consommés crus pour les plus tendres ou « décrudits » (semi-cuits) pour ceux à fibres plus ligneuses. Cette nutrition sera modérée en aliments carnés (spécifique aux carnivores), mais aussi en céréales (nourriture des oiseaux) ainsi qu’en produits laitiers (aliments de la prime enfance). De plus, la consommation de ces aliments s’effectuera en respectant les compatibilités alimentaires dont l’enseignement s’avère indispensable. Naturellement tous ces apports alimentaires, destinés à construire le meilleur organisme, seront de la plus grande qualité apportée par l’agriculture biologique. L’alimentation humaine se conçoit par des temps d’apports alimentaires suffisants, interrompus par des périodes de retraits alimentaires sous forme de diète ou de jeûne. L’objet de cette restriction alimentaire est de transposer l’énergie destinée à la digestion des aliments en provenance de l’extérieur, en l’affectant aux fonctions de détoxination de l’organisme au niveau des organes excréteurs : foie, reins, poumons, peau, intestins. De surcroît ces périodes de jeûne sont favorables à la lyse des surcharges métaboliques, favorisant ainsi un aspect pondéral plus équilibré. La pratique constante d’activités physiques adaptées à chacun est strictement nécessaire à la bonne marche de l’organisme. Ces activités sont à considérer avec des temps de relaxation, de détente, de méditation. Le sommeil nocturne réparateur représentera la grande compensation de ces activités diurnes. Tous ces processus naturels d’existence doivent être effectués sous l’emprise d’un mental positif entièrement préoccupé à réaliser les objectifs de vie de chacun. L’hygiénisme considère que tout ce qui est propice à générer la santé chez un individu sain, l’est également pour un organisme dégradé : il y a unicité d’action pour tous. Les contacts avec les éléments naturels de notre environnement (air, eau, terre, soleil, etc.) sont indispensables pour engendrer une énergie nécessaire à l’entretien de la vie. Ainsi chacun est-il appelé à vivre pleinement sur les plans physique, émotionnel, intellectuel et spirituel.

Activités enseignantes

Ainsi, brièvement posés, les principes hygiénistes constituent la base d’un enseignement qui sera constant, et à chaque instant sera recherchée la détoxination cellulaire pour induire une vitalité maximale. L’hygiéniste est tout d’abord un éducateur sanitaire, utilisant tous les moyens modernes qui peuvent exister par l’écrit (ouvrages, revues, etc.), l’oral (conférences, CD, etc.), l’image (TV, internet, etc.), conjugués avec l’expérimentation pratique, notamment dans des lieux de vie appropriés : Centres de régénération physique et psychique. L’information hygiéniste est relayée par les familles qui la pratiquent et la communiquent à leur descendance. Il s’agit d’instaurer une véritable pédagogie de santé qui viendra enrichir l’état de toute une société. En final, il s’agira de parvenir à une liberté en matière de santé tendant à rendre chaque personne plus consciente, donc plus responsable de sa propre vie. Cette dimension sanitaire s’intégrant dans une conception plus vaste d’une écologie respectueuse de l’environnement et générant une économie durable, non destructrice de la planète.

Absence de soins artificiels

L’hygiénisme ne constitue pas une pratique soignante. Elle est certes préventive, mais même en situation de troubles ce seront les mêmes principes de génération de la santé qui seront appliqués. Après avoir déterminé les besoins nutritionnels de l’espèce humaine, elle trouvera sa satisfaction et son équilibre en consommant des aliments spécifiques à l’homme. Elle ne recourera donc pas aux compléments nutritionnels que représentent les alicaments (aliments/médicaments) que l’on trouve recommandés en naturopathie. Pas plus l’hygiénisme ne cherche à corriger ou soutenir les fonctions vitales qui constituent les bases d’un terrain organique. Ce sont là des pratiques naturopathiques qui au final, amoindrissent le bilan énergétique, donc la qualité de la santé de chacun. De même elle n’est pas favorable aux pratiques hydrologiques abusives, l’homme étant principalement un individu aérien. L’eau très chaude ou très froide sera exclue de sa manière d’exister. Ces pratiques sont très déperditrices de l’énergie vitale, donc favorisant à terme un état d’insuffisance énergétique ou énervation, source de plus grande intoxination ou toxémie, elle-même cause de nombreux troubles de santé. De même elle se méfiera de certaines plantes, indiquées comme « favorables » pour drainer ou revitaliser. Ces extraits de plantes constituants des nutricaments (nutriments-médicaments). L’hygiénisme ne combattra pas le symptôme apparent (inflammation, fièvre, douleur, expectorations, constipation ou diarrhée). Il se bornera à détoxiner pour faire régresser la toxémie cause de ces troubles. L’hygiénisme sera réservé vis-à-vis des techniques complémentaires tels la réflexologie, les massages, le thermalisme, la thalassothérapie qui, si elles rapprochent les personnes dans la préoccupation de leur santé, risquent de les dévier de leur propre responsabilité par rapport à celle-ci. L’hygiéniste est un éducateur de santé, généraliste, qui se préoccupe principalement de la prévention et de la régénération. Son action se manifestera dans l’enseignement de l’alimentation spécifique de l’homme et de son utilisation en compatibilités alimentaires. Des périodes de diète-jeûne viendront détoxiner chacun systématiquement. Les exercices physiques seront adaptés, non excessifs et toujours favorables à la santé. La santé mentale devient une priorité en accordant un soin particulier aux objectifs de vie.

Positionnement en troubles importants

Lorsque les troubles de santé sont graves, l’hygiéniste ne s’autorise ni le diagnostic, ni les traitements de ces situations. En cela, il ne peut être considéré comme un soignant comme le sont les médecins allopathes ou homéopathes et les praticiens de diverses techniques manuelles ou autres, même si celles-ci sont préconisées par la naturopathie. Il demeurera constamment comme un correcteur du terrain pour réduire la toxémie. L’hygiéniste est respectueux du devenir sanitaire de son étudiant. S’il lui appartient de lui apporter une éducation sanitaire efficace, il n’entravera pas les choix de soins divers qui pourraient être décidés. L’approche du mode de vie hygiéniste est progressive et nécessite que l’on modifie l’idée que les soins, en provenance de l’extérieur, agissent. C’est d’abord par la responsabilité de chacun de favoriser la détoxination cellulaire que la véritable santé se conquiert ; celle-ci passe nécessairement par une réforme individualisée des habitudes de vie et la mise en œuvre de pratiques adaptées à l’espèce humaine. Peu à peu l’hygiéniste devient un accompagnant soucieux d’accroître le développement du potentiel humain.

Conclusion

L’hygiénisme moderne est conscient de son rôle dans l’approche responsable de la santé. Rencontrant de nombreuses personnes formatées aux principes soignants, il lui faudra se positionner par rapport aux thérapeutes médicaux ou naturopathes. Toujours en respectant l’étudiant à la santé, il lui faudra évaluer sur quels plans il se situe par rapport aux soignants, afin de le faire évoluer progressivement et sans risque, vers la responsabilité et la liberté individuelle sanitaire. D’une certaine façon, il lui faudra être patient afin de réussir un nouvel équilibre mental favorable à la santé.