Lettre n°134: Vieillissement et survie - Indicateur de richesse mentale : l’Observation

1. L’exemple du rat-taupe nu

Cet animal sud-africain, de la taille d’une souris, représente une situation particulière par l’évolution de la vie terrestre. Il bat des records de longévité.
En effet, il peut vivre jusqu’à 30 ans : c’est dix fois plus qu’un mammifère de sa taille.
Par comparaison un être humain pourrait vivre de 600 à 800 ans.
Les scientifiques estiment que plus un animal est petit, plus son métabolisme est rapide et donc moins longtemps il vivra, en principe. Ainsi le rat-taupe nu échappe à cette règle.
Mais bien plus, il ne se contente pas de vivre vieux : il demeure en parfaite santé.
C’est ainsi qu’il ne développe pas de cancer, ni de maladie neurodégénérative ou cardio-vasculaire. Ses artères restent souples jusqu’à sa fin de vie.
En plus leur degré de fertilité est durable au cours de leur période de reproduction.
Notons qu’il présente une peau d’une très grande souplesse qui ferait pâlir d’envie, toutes les personnes occupées à se pommader le visage pour réparer des ans, les outrages vieillissants.
Suite à ces constatations les scientifiques ont déterminé que cet animal possédait une réduction drastique de son métabolisme.
En ajoutant, comparable à une hibernation, les pulsations cardiaques peuvent régresser à 50 par minute.
Il peut se passer d’oxygène – en vie ralentie- durant de nombreuses minutes.
Y aurait-il des possibilités que les humains vieillissent en assurant ainsi leur survie d’une manière analogue ?
Le problème serait de trouver comment les artères pourraient rester souples avec l’âge ? dans un métabolisme exceptionnel.

2. Métabolismes des situations alimentaires et activités physiques

Comme pour le rat taupe-nu, il faudrait réduire le métabolisme.
Celui-ci peut redescendre par une restriction alimentaire de sauvegarde, tel qu’elle peut exister en période de famine.
Autrement la diminution de l’activité physique induit aussi cette réduction du métabolisme.
Se suractiver physiquement et alimentairement aboutit à l’augmentation du métabolisme donc à la réduction du temps de vie.
Les partisans des repas gargantuesques ne se programment pas de vieux os, pas plus d’ailleurs que les suractivés physiques que sont les coureurs marathoniens.
Nous avons déjà rédigé sur la paresse critère de survie. Maintenant nous pouvons donner l’explication de l’excellence de cette situation, en déclarant qu’il s’agit en fait d’une réduction du métabolisme.
Les différents symptômes de maladie génèrent aussi des situations de fatigue, d’où le repos forcé.
Donc la maladie est aussi réductrice du métabolisme. C’est cela qui explique qu’en phase de convalescence on se perçoit en « ralenti », puis bientôt en régime normal. Ces opinions sur la réduction du métabolisme favorisant le vieillissement correct, vont en sens contraire de celles dominantes des occidentaux.
Ceux-ci sont programmés pour manger un maximum, malgré la contre pub de la télévision, et se suractiver excessivement, particulièrement par la pratique du sport intensif. Pas étonnant que nombre de ces occidentaux font l’inverse en survie du rat taupe-nu et quittent la vie entre cinquante et soixante dix ans.
Les gens intelligents, lecteurs de ces lignes, sauront se préserver un mode de vie équilibré en alimentation et activité.

3. Le jeûne ralentisseur du métabolisme

Sans aller aux périodes de famines, dangereuses, le jeûne volontaire représente la meilleure manière de diminuer son alimentation extérieure, réduite à la seule absorption d’eau, non calorique.
Conduit de manière adaptée à chaque personne, il représente une pratique antivieillissement majeure.
Cet argument est peu avancé habituellement, mais il est important.
Sous réserve que lors de l’utilisation des réserves corporelles pour se substanter pendant la période de jeûne, une détente mentale et physique soit adoptée.
En effet cette action réductrice du métabolisme est annihilée en situation de jeûne et randonnée.
Les randonnées sont des accélérations de l’utilisation des réserves corporelles en augmentant le métabolisme.
Le résultat moyen de survie est alors modéré et à l’image de la force de l’activité physique .
De même traîner des évènements conflictuels dans son mental génère une acidose accrue du fait de la consommation des aliments du cerveau : glucose puis corps cétoniques.
Ceux qui sont à la recherche d’un vieillissement neutre, sans symptômes de maladies, devrait réfléchir en permanence à la réduction du métabolisme : c’est la question fondamentale de survie.

4. Respiration et métabolisme

Le secret de la longévité du rat-taupe nu tient aussi dans ses possibilités respiratoires.
Alors qu’une souris privée d’oxygène meurt au bout d’une minute, les rats-taupes nus survivent au moins durant dix minutes.
Au-delà la moitié des spécimens observés meurent au bout de vingt quatre minutes. Ce qui est déjà considérable.
C’est justement grâce à cette prouesse respiratoire que le rat-taupe nu est capable de réduire son métabolisme et de ce fait d’assurer un vieillissement en bonne santé. Expliquons la respiration (3) :
Celle-ci consiste à utiliser les nutriments apportés par l’alimentation – notamment le carbone C et l’hydrogène H pour produire de l’énergie utile dans la thermogénèse et les activités cellulaires.

(3) Le lecteur se reportera à l’ouvrage de Désiré Mérien : « Le corps humain », en vente au Centre Nature et Vie –8 impasse des roitelets- 56270 Ploemeur ou sur le site : https://www.nature-et-vie.fr/librairie.

L’oxygène provenant de l’air est le comburant et C et H les carburants selon les formules :

                                                    ↗ volatil
C          +         O2             ->        CO2
Carbone              Oxygène	               Dioxyde de carbone, ex gaz carbonique

                                                   ↗ vapeur
H2        +         ½ O2           ->          H2O
Hydrogène           Oxygène	               eau

Il est évident que si l’approvisionnement en oxygène se réduit, ces réactions ralentissent d’autant, donc réduisent alors le métabolisme temporairement.
C’est ce que peut réaliser le rat-taupe nu, excellemment.
C’est ce qui explique sa bonne santé.
L’humain recherche la respiration et donc la stabilité de son métabolisme.
Il serait donc possible d’imiter le rat-taupe nu en se mettant momentanément en apnée.
Notons qu’en situation de jeûne prolongé le rythme respiratoire ralentit pour protéger les réserves corporelles.
Ainsi voyons-nous la relation qui existe entre le rythme respiratoire et réduction du métabolisme.

5. Etat mental et métabolisme

Le mental projette les pensées dans la vie quotidienne. Lorsque celles-ci sont calmes et continues sans pic d’excès, les nutriments utilisés par le cerveau – dont le glucose – sont modérés.
Mais quand ce mental travaille excessivement – en situation de passion, de conflit etc…La quantité de nutriments utilisés s’accroît. De ce fait, le métabolisme aussi. Alors qu’en outre les déchets cellulaires s’amplifient également.
En conclusion toute accélération du mental en amplifiant le métabolisme agit en sens contraire d’un vieillissement normal.
La survie des stressés, allant jusqu’au « burn out » est compromise.
Les troubles cardio-vasculaires ou neuroleptiques sont souvent leur lot jusqu’à leur disparition, si rien ne vient modifier leur cours de vie.
Est-ce à dire que l’on ne devrait pas bouger physiquement et se mettre en colère ?
Non pas, l’organisme est fait pour supporter, occasionnellement certaines limites ; particulièrement dans la période de jeunesse inférieure à quarante ans.
Mais vivre serein et équilibré représente le meilleur moyen d’obtenir un métabolisme correct source de survie et de vieillissements satisfaisants.

Désiré Mérien - 26 mai 2017



Indicateur de richesse mentale : l’Observation

S’arrêter, s’efforcer à se poser juste quelques secondes.
Réaliser que nous évoluons, nous réagissons chaque jour certes avec spontanéité mais surtout par automatisme.
Ces habitudes sont confortables avec les traditions, les rituels et les usages. Autre même titre que nos actions, nos mouvements et notre organisation nous attachent alors à ces références. Ces attitudes induites sont loin de nous permettre une véritable authenticité.

Ni notre culture, ni notre éducation ne nous enseignent à grandir avec le sens de l’observation autonome - l’observation de soi, l’observation de la nature, l’observation sociale - juste le fait de VOIR et regarder les choses de façon impliquée et non pas en systématique.
Nous ne nous voyons pas nous-mêmes car nous ne savons pas comment nous observer.

Notre capacité à tenir même un but tout simple est fréquemment menacée, non par des interceptions extérieures mais par nous-mêmes.
Par exemple, vous êtes en train de lire et sans savoir pourquoi vous êtes obligé de relire ce passage car votre esprit s’est évadé contre votre gré. A quoi pensiez-vous à ce moment-là? Avez-vous pris conscience que vous n’êtes pas maître de vos pensées, qu’elles apparaissent sans votre consentement ? Vous n’êtes pas assez concentré ? C’est à la fois vrai et faux, nous manquons avant tout d’entraînement à l’Observation.

Pour cela l’étape primordiale est de savoir s’arrêter, s’entraîner à faire des pauses de quelques secondes régulièrement dans la journée. Au début il faudra se forcer car la mécanique habituelle reprendra automatiquement le dessus contre votre gré. Il faudra vous rappeler à vous-même. Petit à petit au fil des semaines vous remarquerez des détails, des informations jusque là complètement ignorés et négligés. Ces découvertes si formidables dévoileront des évidences mais surtout la prise de conscience de votre aveuglement. Une nouvelle capacité va se développer : « je vois mon corps se hâter, je vois mon esprit rêvasser, je vois mes émotions et je vois les signaux d’alerte envoyés par mon corps pour me prévenir d’un disfonctionnement physiologique »
Par exemple, j’ai constaté que beaucoup de personnes ont des reflux gastro-œsophagiens sans même le savoir car ils vivent avec cela depuis longtemps, voire depuis toujours. C’est l’exemple d’un signal envoyé par le corps mais complètement masqué par carence d’observation et de notions du corps humain (1).
Difficile mais pas impossible de mettre en place une pratique de l’observation afin d’exclure les processus stéréotypés, tous ces éléments qui donnent une vision des choses différentes de la réalité. Elle ne peut être comprise qu’en en faisant l’expérience. Cette habitude de s’observer mentalement, d’observer la nature, d’observer notre entourage apportera une détente de l’esprit. Il s’agira toujours d’observer sans jugement juste pour VOIR et examiner.

Lors d’une période de jeûne, nous sommes fréquemment émerveillés par des découvertes.
Notamment par la coupure avec l’environnement familier et nos habitudes, cette pause par le jeûne permet un repos du corps et de l’esprit. La détente consécutive entraîne de façon instinctive un sens de l’observation jamais constaté auparavant. C’est tout simplement surprenant et fabuleux. Ce qui fait qu’après une ou plusieurs périodes de jeûne nous sommes beaucoup plus enclins à vivre chaque moment avec beaucoup plus de recul et donc de sérénité (2).

Aldous Huxley disait : « Il n’y a qu’un seul coin de l’univers que vous êtes certain de pouvoir changer…..c’est vous-même »

Sylvie Huitorel

(1) Lire l’ouvrage de Désiré Mérien : « Le corps humain », Editions Lanore , en vente au Centre Nature et Vie –8 impasse des roitelets- 56270 Ploemeur ou sur le site : https://www.nature-et-vie.fr/librairie.
(2) Lire l’ouvrage de Désiré Mérien : « ABC, le jeûne», Editions Grancher, en vente au Centre Nature et Vie –8 impasse des roitelets- 56270 Ploemeur ou sur le site : https://www.nature-et-vie.fr/librairie.